Ethnographie économique : territoires et mobilités

S2, 30h, 6 ECTS (2 ECTS par journée validée)

La réunion préparatoire pour les étudiants qui souhaitent valider le séminaire est reportée au Lundi 23 mars 2020, 13h15-15h, par visioconférence. Si vous voulez y participer et que vous n’avez pas reçu de message personnel, merci de contacter florence.weber@ens.fr

L’inscription pour la validation du séminaire reste ouverte jusqu’à cette réunion. Les étudiants s’engageront dans la préparation collective des trois journées d’études qui seront peut-être organisées en visioconférence aux dates prévues ci-dessous.

Environnement et territoires : dystopies

(ENS-CMH/LAMOP-Paris1)

Jeudi 23 avril, mercredi 13 mai et lundi 8 juin 2020, ENS Campus Jourdan, salle R3-35 

Ces trois journées d’études sont organisées par Florence Weber (Professeure à l’ENS, CMH) et Laurent Feller (Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, LAMOP). Elles sont ouvertes aux étudiants de licence, master et doctorat en toutes disciplines (sciences, lettres, sciences sociales). La validation se fait par journée d’études, et consiste en un travail personnel de préparation et de valorisation de la journée, à discuter avec un des responsables du séminaire. Elles devront déboucher rapidement sur des publications dans des revues de type "AOC" ou "L’impartial", sur des sujets à la convergence de l’histoire et de la sociologie économique. A chaque fois, la parole sera répartie entre des historiens (antiquisants, médiévistes, modernistes et contemporanéistes en fonction du sujet) et des spécialistes des sciences sociales du contemporain (anthropologie économique, sociologie économique, science politique, géographie, démographie...).

Les journées d’études :

1ère journée (23 avril 2020). Produire-Détruire : compter, évaluer, analyser (9h45-18h)

Matin : Activités productives et rapport au territoire au 21e siècle

Après-midi : Economie des externalités, archéologie et histoire médiévale : pour une nouvelle approche de la production et de la régulation de la nature

2ème journée (13 mai 2020). Echanger et administrer : le rôle de la frontière (9h45-18h)

Matin : Régulation des marchés et des espaces

Après-midi : Frontières et marchés du travail, des effets d’aubaine pour qui ?

3ème journée (8 juin 2020). Destruction des milieux, dislocation sociale (9h45-18h)

Matin : Histoire du climat et attachement au territoire. Nouvelles perspectives théoriques

Après-midi : Les dimensions territoriales de la pauvreté, les dimensions sociales de l’environnement

Une année de recherches partagées en histoire et en ethnographie économique au LAMOP (Paris 1) et au CMH (EHESS&ENS) sur les processus d’enrichissement et d’appauvrissement des territoires à l’oeuvre au Moyen Âge et dans le monde contemporain a débouché sur l’organisation de ces rencontres entre chercheurs et étudiants, dédiées à la production, à la consommation et aux échanges de produits agricoles (pêche comprise), alimentaires ou non. On laisse de côté provisoirement la question de l’épuisement des ressources minières, souterraines et sous-marines. C’est de la destruction (ou de la préservation) de l’environnement par des activités agricoles (pêche comprise), destinée ou non à nourrir l’humanité, qu’il sera question.

Comment analyser les processus contemporains d’aggravation des inégalités territoriales (économiques, sociales et environnementales) ? Ces journées d’études se proposent de tirer un bilan des recherches qui portent sur l’espace (habité, exploité, parcouru), sur les pratiques résidentielles des individus et des familles (migrations quotidiennes ou à l’échelle d’une vie, déplacements contraints, choisis ou refusés), sur les pratiques de production et de consommation alimentaires et sur les marchés dont elles dépendent, sur l’émergence et la disparition des professions de soutien à la vie quotidienne (infrastructures, commerce, santé, éducation, services aux personnes), en comparant les transformations contemporaines avec différentes périodes de l’histoire, de façon à examiner les liens entre politiques publiques et vie quotidienne, à différentes échelles et dans différents domaines (transports, politiques sanitaires, sociales et éducatives, politiques économiques), et leurs effets (résistance, renforcement voire conséquences directes) sur la croissance exponentielle des inégalités territoriales.

L’objectif de ces journées est de faire dialoguer ethnographes et historiens soucieux de la dimension économique des phénomènes observés (microéconomie de la consommation, macroéconomie de la croissance et des crises, éconmie spatiale, géographie économique) pour les replacer dans la longue durée, le but étant d’éclairer les transformations structurelles actuelles en les rapportant à celles déjà opérées dans le passé.

On partira de l’analyse des territoires vus d’en bas en abordant les réalités vécues (mutations de l’habitat, appauvrissement et enrichissement des ménages) à l’aune de l’exposition des ménages à des externalités positives ou négatives, de l’entretien ou de la destruction de biens communs ou de biens collectifs), aussi bien de nos jours que dans des périodes anciennes, de façon à remonter la chaîne des réseaux informels et des niveaux officiels de la décision politique (ou de son absence). On cherchera à mettre en évidence ce qui se passe entre le temps très court de la conjoncture économique et de la politique électorale, et le temps très long de l’anthropocène, pour combler le fossé entre le temps géologique et le temps des biographies humaines.

Les travaux menés au cours de l’année précédente sur des marchés (marchés alimentaires, marchés fonciers) et sur des espaces touchés par les évolutions récentes (territoires ruraux confrontés au vieillissement de leur population, au départ des jeunes et à l’arrivée de nouveaux résidents ; villes petites ou moyennes ayant subi un processus de désindustrialisation ; quartiers des zones métropolitaines en cours de valorisation ou de dévalorisation), en France, en Europe et dans le monde, seront mis en perspective avec les recherches des conférenciers invités.

Seule la première séance est obligatoire pour les participants au stage de terrain organisé par Jean-Robert Dantou et Florence Weber du 27 avril au 3 mai 2020 (inscriptions closes).

Renseignements : florence.weber@ens.fr, Laurent.Feller@univ-paris1.fr